Le nomadisme
des objets d'art entre les musées est effectivement une solution à l'enfermement qu'impose en soi la muséologie ce qui le rapproche de la thésaurisation propre à l'échange marchand de l'art; ces deux mouvements étrangers et pourtant convergents puisqu'ils concourent à la rareté de l'oeuvre et donc à son renchérissement.
On pourrait même imaginer que les musées publics puis peut-être privés (comme certaines fondations totalement éloignées du jeu spéculatif sur leurs collections) établissent un marché libre de l'art sous l'égide de l'UNESCO peut-être où la côte des artistes ne serait plus liée à un mécanisme d'organisation de la rareté de l'offre mais au contraire à un mécanisme de libre jeu de l'offre et de la demande où primerait la demande.
Ce mécanisme supposerait une augmentation de la rotation des oeuvres entre les différents musées qui n'en seraient plus propriétaires mais seulement dépositaires, la propriété revenant de facto à l'UNESCO par exemple.
Les musées deviendraient des vitrines gratuites et plus des coffres forts payants. Ils ne seraient plus l'enjeu d'une suprématie culturelle de tel pays sur tel autre, de telle civilisation ou de telle école mais un lieu d'échange et de confrontation.
On peut même imaginer que ces lieux n'aient plus à être régis par des fonctionnaires mais qu'ils soient en convention avec l'UNESCO, les fonctionnaires devenant des inspecteurs en charge de la surveillance des oeuvres qui pour le coup seront devenues nomades et ... patrimoine de l'Humanité.
Pour accéder à l'article de J. Attali :
http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/01/paris_atlanta_abou_dhabi_bilba.html#comments
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